Sommaire
Page 1 – La 18e édition du FFCP et l’ouverture du festival
Page 2 – Les films du 1er novembre
Page 3 – Les films du 2 novembre
Page 4 – Les films du 3 novembre
Page 5 – Les films des 5 et 6 novembre
Page 6 – Le palmarès et la clôture de la 18e édition du FFCP
Retour sur Peafowl de Byun Sung Bin
J’ai beaucoup apprécié Peafowl, qui est un film sur l’identité, mais aussi sur la compréhension et la perception de cette identité. Si on suit principalement Myung, qui revient dans son village natal pour avoir l’argent nécessaire à une opération, on remarque très vite qu’elle n’est pas la seule personne concernée par des questions d’identité.
La confrontation de Myung aux habitants du village, qui réagissent de manière différente à son retour, est par ailleurs l’occasion de rappeler que les préjugés sur l’identité et l’orientation sexuelle ne sont pas une question de génération. On comprend au contraire que ce refus d’accepter ces différences ne vient pas nécessairement d’un mépris, mais d’une peur d’être perçu d’une mauvaise manière et d’être exclu d’une société qui n’accepte pas ceux qui sortent des normes.
Retour sur la séance spéciale FlyAsiana dédiée à Jo Ha Young
Cette séance spéciale, composée de trois courts-métrages, a été une excellente surprise. N’ayant pas assisté au FFCP en 2022, je n’avais pas vu le film Remember our Sister, lauréat du prix FlyAsiana. Cela a donc été pour moi l’occasion de me rattraper.
Retour sur Remember our Sister
J’ai beaucoup aimé Remember our Sister. Fusionnant noirceur et fantaisie, drame et musique, ce court-métrage était très émouvant (il est vrai que je suis une fan de comédies musicales et de films Disney, ce qui a sans doute joué dans mon appréciation). Je n’étais pas au courant que des femmes coréennes avaient été victimes d’exactions menées par les soldats américains, alors que le sujet des femmes de réconfort revient souvent dans l’actualité coréenne. Je remercie donc Jo Ha Young d’avoir abordé ce sujet et d’avoir adopté le point de vue d’un enfant qui ne comprend pas ce qui se passe, dans la mesure où cela rend l’histoire encore plus triste et percutante.
Retour sur Sister’s room
Durant cette séance était également présenté le documentaire Sister’s room. Sur la forme, j’ai beaucoup aimé les angles de caméra choisis, comme par exemple celui en style « caméra cachée », qui donnait l’impression que la réalisatrice espionnait sa soeur dans sa chambre. Il en dégageait une impression de proximité et d’intimité, comme si nous allions apprendre tous ses secrets. Sur le fond, je ne m’attendais pas à ce que soit abordé le sujet des violences sexuelles et du harcèlement que subissent les Coréennes. Le fait que le sujet soit abordé si ouvertement et naturellement entre deux soeurs m’a fait réaliser à quel point les violences sexistes n’étaient pas suffisamment considérées par les autorités sud-coréennes.
Retour sur Kids Land
Le dernier film de la sélection était Kids Land. Il s’agit avant tout d’une histoire réaliste et assez triste : deux cousins doivent arrêter de se voir à cause de l’opposition de leurs parents à propos de la construction d’une usine dans le village. Le récit réussit malgré tout à garder cet aspect innocent, en suivant deux enfants qui pensent pouvoir réconcilier leurs parents simplement en les forçant à s’unir pour les retrouver, sans se rendre compte des conséquences de leurs actions. En tant que française, les banderoles des premières scènes m’ont rappelé les reportages télévisés que j’avais pu voir lors du projet de construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.
Retour sur Concrete utopia de Um Tae Hwa
Pour être honnête, j’appréhendais cette séance, car j’avais peur de ne pas apprécier ce film et de m’ennuyer pendant toute la séance. Mais contre toute attente, Concrete utopia a été une très bonne expérience ! Avant de voir le film, je n’étais pas convaincue par son postulat de départ : que se passerait-il s’il ne restait plus qu’un seul immeuble pour toute la population ? Mais au fur et à mesure du film, je me suis rendu compte de la dépendance que l’on pouvait ressentir à avoir son chez soi, un espace clos d’intimité et « civilisé ».
J’ai ainsi suivi la création d’une communauté rassemblant des « gens ordinaires » qui pensaient à leur survie et ne réalisaient pas ce qu’ils faisaient aux autres, qui n’avaient pas leur chance. Je n’ai jamais été autant effrayée par Lee Byung Hun, dont le personnage n’a aucune conscience du monstre qu’il est. Je crois qu’une de ses scènes, qui implique également l’actrice Park Ji Hoo, m’a traumatisée à vie (je suis une âme très sensible).
Enfin, sans vous dévoiler la fin, j’ai beaucoup aimé la symbolique religieuse du film, explicite en fin de film, qui montre également que les personnes qui ont réussi à garder leur humanité au cours de cette expérience en sont « pardonnées » et ont droit à une deuxième chance.

