Jay et moi-même, deux hiboux de la rubrique TV/ciné de votre web-magazine préféré, avons eu l’opportunité de voir, en avant-première, le tout premier long-métrage de la réalisatrice Kim Hye Young : It’s Okay !
Découvrez dans cet article notre review et nos différents points de vue sur ce film, qui nous a fait voyager à travers de nombreuses émotions.
Avant de commencer votre lecture, nous tenons à vous prévenir que dit review, dit possible présence de spoilers. Un avertissement est bien évidemment indiqué dès leurs apparitions. Bonne lecture !
Présentation de It’s Okay !
Synopsis
In Young est une adolescente qui va devoir vivre comme une adulte bien plus rapidement que prévu. Alors qu’elle participe à une grande représentation de danse traditionnelle avec son école, sa mère perd brusquement la vie dans un accident de voiture.
Désormais orpheline, In Young va apprendre à se débrouiller seule dans un monde exigeant et parfois cruel. Malgré tout, elle n’en reste pas moins une adolescente qui souhaite participer au gala de danse de son école.
Casting principal du film
Dans le rôle de In Young nous retrouvons l’actrice Lee Re qui, du haut de ses dix-huit ans, s’impose depuis quelques années dans le monde du cinéma, notamment dans Hope (2013), oeuvre pour laquelle elle a été récompensée au festival international du film de Pékin.
C’est l’actrice Jin Seo Yeon qui interprète Seol Ah. Jin Seo Yeon s’est notamment démarquée pour son rôle dans Believer (2018) pour lequel elle a remporté deux prix.
Chung Su Bin, plus habituée au petit écran (Revenge Of Others, Island), s’illustre ici dans le rôle de Na Ri.
Dans le rôle de Dong Woo, nous retrouvons l’acteur Son Suk Ku qui fait, de plus en plus, sensation dans le monde du cinéma. Après s’être illustré dans le film Hit-and-Run Squad (2019), vous avez pu l’apercevoir dans Nothing Serious (2021) ou encore Troll Factory (2024).
Lee Jung Ha (Run On, Nevertheless) est encore au début de sa carrière et signe avec It’s Okay ! sa première apparition sur grand écran dans le rôle de Do Yoon.
It’s Okay !, entrez dans la danse
Nous n’avons pas le temps de commencer à nous ennuyer ou à nous impatienter que le film démarre réellement. Dès les premières secondes, vous serez plongé dans l’ambiance de It’s Okay ! : des couleurs aux sonorités, les images qui défilent sous nos yeux parlent d’elles-mêmes et vous invitent à entrer dans la danse.
Des enfants dans un monde d’adultes… Et inversement
Dans un premier temps, la rapidité avec laquelle In Young prend en maturité est impressionnante. Suite à la tragédie qui la touche, cette enfant apprend à devenir indépendante et se développe une carapace, avec un caractère et une répartie à toute épreuve.
Très vite, elle est confrontée à des problèmes « d’adultes » comme payer un loyer ou remplir le frigo, ce caractère lui permet d’affronter chaque étape de sa vie d’adulte prématurée tout en restant, dans le fond, une enfant qui a besoin d’amour et de soutien. Ainsi, le fait qu’elle ne s’effondre jamais et trouve toujours des solutions pour s’en sortir en devient d’autant plus impressionnant.

Elle fuit les services sociaux, refuse cette aide et choisit d’accepter les mains qui lui sont tendues par ceux qui, de son point de vue, veulent réellement prendre soin et se soucier d’elle. De plus, même si In Young accepte ces mains tendues, elle a le sentiment de pouvoir aider ces adultes et ne pas simplement être un poids pour eux.
Cependant, elle s’autorise par court instant, à laisser tomber la carapace pour redevenir une enfant effrayée. Elle se satisfait du minimum et apprécie chaque chose et geste à sa juste valeur.
C’est là qu’intervient le personnage de Dong Wook, ce pharmacien de quartier qui, au premier abord, ne semble pas important. Il s’agit au départ du seul adulte que In Young fréquente en dehors du cadre scolaire. Dong Wook lui permet d’être, pendant leurs interactions, une simple adolescente. Cette pharmacie devient un espace où elle peut évacuer son anxiété, être elle-même, se disputer pour des futilités mais surtout, trouver des conseils face à certaines questions qui, en dépit de sa maturité, restent sans réponses en sa qualité d’adolescente.
Ce petit espace d’air frais pour In Young peut aussi être considéré comme celui du spectateur. Le film est intense dès les premières secondes de par son choix artistique, mais aussi au niveau du synopsis.
Dans sa volonté de grandir plus vite que ce qu’elle ne devrait, il lui arrive parfois de devenir une adulte aux yeux de ceux qui l’entourent : comme dans sa relation avec sa professeure, où l’on ne sait plus bien distinguer qui est l’enfant et qui est l’adulte. Bien qu’il aborde l’adolescence, It’s Okay ! vient toucher du doigt les problématiques de pressions sociales et parentales, ainsi que les troubles alimentaires qui en découlent.
Dès lors que In Young arrive chez Seol Ah, sa professeure, une chose nous saute aux yeux directement : Où est la nourriture ? Bien que cet appartement soit immense, il semble froid et dénué de vie, mais ce qui nous a le plus interpellé est ce frigo vide.
In Young est un personnage que l’on voit souvent associé à de la nourriture, que ce soit de par les snacks ou son travail à temps partiel à la supérette. Comme pour les autres choses simples de la vie, elle sait apprécier un vrai repas ainsi que le fait de le partager autour d’une table.
Ce détail prend toute son importance lorsque ces deux personnages commencent à vivre sous le même toit. Seol Ah, qui est aussi exigeante en tant que professeure qu’elle ne l’est envers elle-même, elle prend des pilules et des jus à base de concentré de légumes en guise de repas, mais on ne la voit pas s’asseoir à table pour prendre un vrai repas.
Dans la construction de la relation entre In Young et Seol Ah, on comprend que le trouble alimentaire de Seol Ah est sinueux et long à traiter.
Le trouble alimentaire est aussi exploité par un autre personnage de It’s Okay !, celui de Na Ri. Elle est l’une des meilleures danseuses de la troupe et représente, aux yeux des autres élèves et de sa mère, l’excellence.
Cependant, il est difficile pour cette enfant de vivre avec les attentes élevées de sa mère qui lui demande toujours plus, sans jamais l’encourager ou la soutenir.
Malgré le talent indéniable de sa fille, sa mère ne peut s’empêcher de se démarquer, comme pour assurer ses arrières et la carrière de sa fille, en glissant des pots de vins aux professeurs, ce qui détruit complètement l’image et la représentation que Na Ri peut avoir d’elle-même. Face à cette pression, Na Ri se fait vomir pour retrouver un semblant de contrôle dans cette spirale infernale de laquelle elle ne voit aucune échappatoire.
Une nouvelle définition de la famille dans It’s Okay !
Cette histoire, qui pourrait sembler tragique, se regarde bien plus facilement que ce l’on pourrait croire grâce au fait que, pendant tout le film, nous partageons cette histoire du point de vue d’une adolescente.
Cependant, nos yeux d’adultes comprennent les non-dits (merveilleusement mis en scène dans un silence complet) et les conséquences de certains choix. Pourtant, ils nous permettent également de relativiser certaines situations ainsi que de déceler toute l’attention et la bienveillance que les adultes qui entourent In Young lui portent. Ils essaient aussi de lui rappeler qu’elle n’est qu’une enfant et qu’elle a le droit de se comporter comme telle.
Les liens et l’importance du soutien de ceux qui les entourent est primordial pour tous les personnages de ce film, y compris les adultes qui, eux aussi, se doivent d’être rassurés.
Ils sont maladroits dans la façon de s’exprimer, mais la sévérité perçue par les plus jeunes cache en réalité une carapace remplie de bonnes intentions, uniquement dans le but d’accompagner et d’aider.
L’entraide entre Seol Ah et In Young est bien plus qu’une main tendue, elles se complètent et savent même échanger leurs rôles d’adulte et d’enfant en fonction des besoins de l’autre en prenant en compte leur expérience personnelle.
Un autre élément qui a retenu notre attention est l’importance du choix des couleurs dans It’s Okay ! Notamment la couleur verte, qui est présente dès le début des échanges entre Seol Ah et In Young. Cette couleur, qui représente l’espoir, renforce l’intensité et la nécessité du lien qui les unit.


Le sourire aux lèvres pour terminer It’s Okay !
La conclusion de Valloux
Les tableaux offerts par ce film sont incroyables. Les bandes sons s’illuminent au fur et à mesure de la construction des relations. C’est un sentiment réconfortant qui nous accompagne tout au long du film.
It’s Okay ! est un film poignant qui nous fait voyager à travers une multitude d’émotions. Du rire au bord des larmes, en passant par la compassion et l’inquiétude. Ce film est un chef-d’œuvre d’humanité et de soif de Justice qui dénonce, de façon intelligente, les aspects de la société coréenne qui pèsent sur beaucoup de jeunes et d’adultes.
De plus, la ponctuation utilisée pour le titre du film est aussi importante et nous guide dans le déroulement du film. Tout comme In Young qui, malgré son caractère, ne sait pas vraiment où elle va, nous sommes rassurés pour elle ainsi que pour les autres personnages. Il est normal d’affronter des difficultés dans la vie, mais rien n’est insurmontable.
C’est le message que j’ai ressenti en regardant It’s Okay ! et en décomposant son titre original « Ça va ? Ça va, Ça va ! » qui renferme énormément d’inconnus et de questions, qui se transforment finalement en affirmation.
Comme le dit Kim Hye Young, la réalisatrice, It’s Okay ! est un film réconfortant qui donne de l’espoir et qui permet d’apprécier les petits bonheurs de la vie, tout va bien.
La conclusion de Jay
It’s Okay ! est un film rafraîchissant car, malgré toutes les thématiques secondaires, il n’en reste pas moins un film sur l’adolescence, contrairement à cette tendance récente qui assombrit les dramas scolaires et qui rend plus adultes leurs personnages. It’s Okay ! laisse les adolescents n’être que des adolescents. Les disputes, leurs rivalités, leurs premiers amours et leurs problèmes de jalousie restent des affaires d’adolescents, que quiconque aurait pu vivre à la même époque, avec la même insouciance.
Malgré des scènes difficiles et sentimentales, It’s Okay ! est revitalisé par énormément de scènes d’humour, comme les effets spéciaux des scènes imaginées par la jeune fille ou encore la musique en voiture qui devient un élément clé de la relation entre Seol Ah et In Young.
J’ai trouvé que It’s Okay ! était une très bonne définition de la période adolescente : celle où l’on veut prendre notre envol et être perçu comme des adultes alors qu’au fond de nous, nous restons encore un peu des enfants qui avons besoin d’être guidés et conseillés.
Il s’agit d’une période complexe et transitoire que le film met parfaitement en lumière.
Voici ce que dit la réalisatrice au sujet de It’s Okay ! : « Quels que soient les obstacles rencontrés, en nourrissant nos aspirations et en nous soutenant les uns les autres, nous pouvons surmonter n’importe quelle tempête et nous rendre compte que tout va bien ! ». Pour ma part, je trouve qu’il s’agit d’un bon résumé du film et des messages qu’il veut nous transmettre.
Pour terminer, le choix cinématographique de commencer et de terminer sur une scène quasi similaire renforce l’esprit du film. Lorsque la scène d’introduction est lourde et pesante, la scène de clôture est légère et remplie de bonheur et d’espoir.
Remerciements
Tout d’abord, nous souhaitons, Valloux et Jay, remercier l’agence de presse, Agence Valeur Absolue, de nous avoir offert l’opportunité de découvrir le film en avant-première.
Merci de nous avoir fait découvrir le film It’s Okay ! qui nous a toutes les deux emballées, mais aussi, de nous avoir permis de le découvrir ensemble. Ce visionnage en commun a donné lieu à de nombreux échanges concernant nos ressentis des scènes et de l’histoire en direct, ce qui nous a encore plus plongées dans l’histoire.
En ce qui concerne nos très chers Owlers, sachez que vous aussi vous pourrez découvrir le film It’s Okay ! dès sa sortie officielle, le 19 février 2025 !
Sources : Hancinema ı Wayna Pitch












