De jeune premier et gendre idéal de la nation à une figure rassurante et inspirant confiance pour les scénaristes et les promoteurs, Ji Jin Hee est un acteur qui compte dans le paysage audiovisuel coréen.
En automne et en hiver, j’aime souvent me replonger dans des dramas que j’ai déjà vus. Que ce soit par nostalgie ou par besoin de réconfort lors des soirées froides où le vent fait trembler les arbres au dehors. C’est lors d’une de ces sessions, façon madeleine de Proust à dramavore, que j’ai eu envie de vous parler de l’acteur Ji Jin Hee. Si je l’ai déjà mentionné, lui ou ses dramas, dans plusieurs de mes articles, je ne lui avais jamais consacré un écrit à part entière. Je me rattraperai donc aujourd’hui en vous présentant une sélection goûtue de sa filmographie qui s’étend de la télévision au cinéma !
Tout savoir de Ji Jin Hee
Ji Jin Hee : son parcours, sa carrière
Avant toute chose, voici quelques mots afin de vous présenter le parcours de cet acteur. Car passer devant la caméra n’a pas toujours été une évidence pour lui.
Né le 24 juin 1971 à Séoul, Ji Jin Hee, fils unique, vit ses premières années dans une famille aisée de la capitale, son père travaillant pour une compagnie aérienne. Du fait de l’emploi du temps chargé de ses parents, il passe une enfance relativement solitaire et apprend à se divertir seul. Dans les années 1980, la compagnie de son père fait faillite et sa famille doit alors faire face à de nombreuses difficultés financières.
En grandissant, Ji Jin Hee se passionne pour l’art graphique comme le dessin et la photographie. Après son service militaire, il étudie la conception visuelle à l’université de Myongji et se fait ensuite embaucher dans un studio de photographie en tant qu’assistant. C’est d’ailleurs dans ce contexte qu’il rencontre celle qui deviendra sa femme quelques années plus tard, après avoir photographié son portrait.


Il y rencontre également une agente qui le repère et lui donne sa carte de visite. D’abord réticent, Ji Jin Hee tente sa chance alors que le studio où il travaille met la clé sous la porte et qu’il se retrouve au chômage. Sa première apparition dans un drama date de l’an 2000 dans Female Secretary. Il fait ses débuts au cinéma en 2002 avec le thriller H aux côtés de Cho Seung Woo. À presque trente ans, sa carrière est lancée.
Il a depuis joué dans de nombreux dramas et films, en Corée principalement, mais parfois en Chine et à Hong Kong également. Il est très connu pour ses rôles d’hommes intègres et romantiques, ce qui lui vaut d’avoir une image d’homme idéal pour une large partie du public coréen.


Les rôles les plus marquants de Ji Jin Hee
5. Min Jung Ho dans Jewel in the Palace (2003-2004)

Si je vous en avais parlé il y a déjà plus d’un an dans mon premier article original pour K.OWLS, comment ne pas évoquer ce rôle qui l’a propulsé du rang d’acteur montant à celui de gendre idéal de la nation ? Dans cette série historique de cinquante-quatre épisodes, l’acteur interprète le valeureux et romantique Min Jung Ho, d’abord officier militaire puis fonctionnaire au palais. Fou amoureux de l’héroïne, Jang Geum (jouée par Lee Young Ae), il sera, tout au long du drama, un soutien indéfectible pour elle, n’hésitant pas à mettre sa vie en danger pour l’aider et rester auprès d’elle. Si l’image de ce personnage qui a souvent fait chavirer les coeurs lui a collé à la peau, difficile de ne pas le mentionner dans ce top tant il s’agit d’un tournant dans sa jeune carrière à l’époque. Aussi bien par ses mots que par ses actions, Min Jung Ho est de ces héros romantiques qui me font rêver et croire encore parfois au prince charmant.
4. Oh Hyun Woo dans The Old Garden (2006)

Parfois occultée, sa filmographie au cinéma n’est pas moins intéressante que son travail à la télévision. Dans Le Vieux Jardin (titre français de ce film adapté du roman éponyme), Ji Jin Hee interprète le rôle d’Oh Hyun Woo, un manifestant pro-démocratie lors du soulèvement de Gwangju en mai 1980, tentant de fuir la police. Caché par Han Yoon Hee (interprétée par Yum Jung Ha), ils s’éprennent l’un de l’autre pour un moment hors du temps avant que la réalité ne les rattrape. À cheval sur deux époques, le film déroule les souvenirs d’un Hyun Woo enfin libre après plusieurs années de prison, alors qu’il tente de retrouver la trace de Yoon Hee. Au-delà d’une histoire touchante entre les deux personnages principaux, le film met également en lumière, comme d’autres oeuvres avant lui, les évènements tragiques survenus à Gwangju pour nous proposer, non pas seulement une histoire d’amour en temps troubles, mais également un testament d’une des périodes sombres de l’histoire coréenne récente. Ji Jin Hee y brille par sa complicité avec Yum Jung Ah et par le contraste entre son jeune Hyun Woo et sa version plus âgée, plus meurtri par le temps.
3. Choi Jin Eon dans I Have a Lover (2015-2016)

I Have a Lover, ou comment Ji Jin Hee a retourné l’opinion du public concernant son personnage, Choi Jin Eon. De mari détesté trompant sa femme (interprétée par Kim Hyun Joo) avec sa collègue plus jeune alors qu’ils sont au bord du divorce et en plein deuil de leur petite fille, le scénario et le jeu de Ji Jin Hee ont fait de son personnage celui que le public voulait voir réussir à reconquérir sa femme. Mélodrame de cinquante épisodes, la relation tumultueuse, mais non moins passionnelle, entre Ji Jin Hee et Kim Hyun Joo est suivie fidèlement malgré son heure de diffusion tardive (en moyenne plus de 6 % de parts d’audience à chaque diffusion entre vingt-deux et vingt-trois heures). Le drama s’exporte également dans les pays voisins et notamment aux Philippines où la série est doublée en tagalog (l’une des langues officielles du pays) et a rencontré un franc succès ainsi qu’une popularité importante pour le duo principal dans le coeur du public philippin.
2. Kang Tae Wook dans Misty (2018)

Si ce drama me laisse toujours un sentiment d’amertume et de frustration quant à sa résolution, difficile de ne pas reconnaître sa qualité pour la majeure partie de l’histoire ; qu’il s’agisse de la photographie, du montage, de la bande-originale ou du casting dans son ensemble, qui portent un scénario intense avec brio. Dans ce drama, une présentatrice du journal télévisé (Kim Nam Joo) devient du jour au lendemain une suspecte de meurtre et son avocat n’est nul autre que son mari (Ji Jin Hee) qu’elle a épousé non pas par amour mais pour l’influence de sa famille. Si j’ajoute cette série dans la sélection, c’est bien parce que malgré les apparences, l’image d’homme idéal de l’acteur s’égratigne un peu avec ce personnage. Si bien sûr de nombreuses scènes m’ont fait soutenir son personnage, il n’en reste pas moins d’autres scènes où il est clair que lui et le personnage de Kim Nam Joo sont coincés dans une relation dysfonctionnelle et à contre-courant l’un de l’autre. Plus amer, parfois plus désespéré aussi, Kang Tae Wook est un personnage intéressant et complexe de la filmographie de Ji Jin Hee.
Mentions Honorables : Ji Jin Hee, entre séries historiques et drames modernes


Avant de passer au dernier titre, quelques mentions honorables : son interprétation du roi Sukjong dans le drama-fleuve Dong Yi (2010) qui se veut plus humaine et sensible que d’autres adaptations et son personnage de père adoptif par accident, Myung Hwan, dans le film anthologique Summer Snow (2015), qui n’est parfois pas sans rappeler son rôle dans le drama Netflix Move to Heaven (2021). J’aimerais également ajouter son rôle dans le drama Love Letter (2003). Si son jeu n’était pas encore ce qu’il est aujourd’hui, son interprétation de Jung Woo Jin, le second premier rôle du drama, jeune étudiant en médecine, amoureux de Jo Eun Ah, qui doit rivaliser avec Lee Woo Jin malgré l’envie de ce dernier de devenir prêtre, attendrie et montre déjà son goût pour les mélodrames.
1. Park Moo Jin dans Designated Survivor: 60 Days (2019)

En pouvait-il être seulement autrement ? Dans ce remake de la série américaine éponyme où un ministre inexpérimenté issu du monde académique se voit du jour au lendemain propulsé au rang de président de la république suite à un attentat, Ji Jin Hee s’illustre par la candeur et l’humanisme de son personnage. Blanche brebis lâchée dans un monde infesté de loups prêts à tout pour le discréditer, il apprend pas à pas les codes de ce domaine si particulier sans jamais en oublier son intégrité. Véritable petit bijou de scénario, impossible de ne pas tomber sous le charme de ce président par intérim dont tout le monde rêverait dans un paysage politique parfois déprimant et sombre. Mais loin d’être un festival de naïveté et de sentimentalisme, Park Moo Jin nous offre aussi des moments haletants, où le jeu de Ji Jin Hee nous fait douter et nous questionne sur l’impact que la politique peut avoir sur les principes et le comportement d’une personne. Porté par une distribution de qualité, je ne peux que vous recommander Designated Survivor.

