Tous les ans, le marathon de Pyongyang permet aux étrangers de se rendre dans l’un des pays les plus fermés au monde qu’est la Corée du Nord. Une opportunité saisie sur un coup de tête par Jacky Schwartzmann, qui nous en parle dans Pyongyang 1071.
Qui est Jacky Schwartzmann ?
Jacky Schwartzmann est un écrivain français, récompensé de plusieurs prix, dont le Prix Transfuge du meilleur espoir polar, le Prix du roman noir du Festival international du film policier et du Prix Amila-Meckert pour Demain c’est loin.
L’auteur, qui vit de métiers alimentaires, a l’habitude de puiser dans son expérience professionnelle et personnelle pour écrire des romans et des scénarios de bandes dessinées. C’est ainsi qu’en tant que pratiquant de course à pied en amateur, il a participé au marathon de Pyongyang et en a écrit un ouvrage.
Résumé de Pyongyang 1071
Dans Pyongyang 1071, le lecteur suit Jacky Schwartzmann, amateur de course à pied, dépasser ses limites pour être capable de courir les 42 kilomètres du marathon de Pyongyang, après avoir annoncé son intention d’y participer sur un coup de tête. Après s’être questionné sur le bon sens de son défi auprès de proches et de spécialistes de la Corée, il embarque avec une amie dans ce projet hors du commun qui l’emmène en Chine, puis finalement dans les rues de Pyongyang.
« J’ai décidé d’aller à Pyongyang lors d’une soirée créole. Et cette conclusion évidente : fuyez les soirées créoles. »


Mon avis sur Pyongyang 1071
Pyongyang 1071 se lit rapidement et facilement. Jacky Schwartzmann écrit dans un style informel, avec des phrases courtes et des anecdotes qui nous embarquent immédiatement avec lui. On ne s’ennuie pas une seule seconde car quelque chose de nouveau nous est présenté à chaque nouvelle phrase. Cela renforce par ailleurs le sentiment qu’il s’agit d’un projet insensé, de dernière minute et qui doit être fait avant que l’auteur ne change d’avis, qu’il soit trop tard.
On sent qu’il s’agit d’un projet personnel. À aucun moment Jacky Schwartzmann ne fait une pause pour digresser dans une analyse de la société nord-coréenne. L’écrivain, qui n’est pas spécialiste de la Corée du Nord, ne propose pas un essai sur la Corée du Nord. Cela n’est pas son ambition. Au contraire, il veut simplement partager son expérience de marathon dans un pays étranger fermé au monde et du processus qui l’accompagne.
J’ai aussi beaucoup aimé l’humour de Jacky Schwartzmann, présent tout au long du livre, et notamment dans ses réflexions, qui ont souvent permis de dédramatiser des situations stressantes. Cela m’a fait penser à la bande dessinée de Guy Delisle (mentionné par l’auteur) et m’a amenée à me demander si dans une certaine mesure, l’humour ne serait pas la meilleure manière de « comprendre » sinon de donner un sens à ce qu’on peut voir en Corée du Nord…
J’ai aussi relevé qu’un des éléments ayant le plus marqué Jacky Schwartzmann était le fait que le pays soit bloqué dans le passé et sa haine des États-Unis. Cela était d’autant plus intéressant que, dans la mesure où l’auteur s’intéresse au communisme et a déjà voyagé en ex-URSS, on ne peut s’empêcher de se faire quelques réflexions sur la propagande, dont la Corée du Nord n’a pas le monopole…

Conclusion
Ainsi, je recommande chaudement cette lecture aux lecteurs de K.Owls, mais peut-être encore plus à ceux qui ne connaissent pas bien la Corée ou ne s’y intéressent pas beaucoup. Ils vivront alors une petite parenthèse, tout comme l’auteur pendant son voyage en Corée du Nord, alliant humour et plongée dans un espace coupé du monde.
Où se procurer Pyongyang 1071 ?
Jacky Schwartzmann, Pyongyang 1071, Editions Paulsen, 184 pages, 2019 (ISBN : 9782375020807).
Disponible sur la Fnac
Extrait disponible en ligne.
Source image de Une : Alpine

