Suite à la destitution du Président Yoon Suk Yeol, l’élection présidentielle anticipée a été fixée au 3 juin 2025. Dans un contexte politique difficile, le leader de l’opposition a déjà confirmé sa candidature.
Une élection pour mettre fin à la crise politique
Ce mardi 8 avril, le président par intérim Han Duck Soo a annoncé que l’élection présidentielle anticipée se tiendra le 3 juin prochain. Han a précisé que ce jour serait déclaré férié afin que toutes et tous puissent se rendre au scrutin.
Le 4 avril dernier, la Cour Constitutionnelle sud-coréenne a décidé à l’unanimité la destitution du Président Yoon Suk Yeol après sa tentative de coup d’Etat en décembre dernier. Or, la constitution sud-coréenne prévoit qu’une nouvelle élection présidentielle doit se tenir dans les 60 jours après la décision de la Cour constitutionnelle de destituer un président en fonction.
Le 3 juin est donc le dernier jour constitutionnellement acceptable pour inviter les sud-coréennes et sud-coréens aux urnes. Han a avancé comme argument la « nécessité d’assurer le bon déroulement des opérations électorales et de laisser suffisamment de temps aux partis politiques pour se préparer ». Il a également appelé les ministères et la Commission électorale nationale à « se préparer minutieusement pour garantir une élection plus équitable et transparente que jamais, et qui puisse gagner la confiance du peuple ».
Une élection sous tension
En Corée du Sud, l’élection présidentielle ne comporte qu’un seul tour. La campagne officielle aura lieu du 12 mai au 2 juin et le vainqueur prendra ses fonctions dès le lendemain du vote.
Le leader du parti démocrate, Lee Jae Myung, a sans surprise confirmé sa candidature pour cette nouvelle élection. Il s’agit de la troisième candidature de Lee à la présidentielle : il avait perdu contre Moon Jae In lors des primaires du parti démocrate en 2017, puis perdu de justesse contre Yoon Suk Yeol à la présidentielle de 2022 (à 250 000 voix près). Un sondage Gallup le place cette fois-ci en grand favori, à 34% des voix, pour l’élection à venir.
Les experts considèrent très difficile la victoire d’un candidat issu du camp présidentiel dans le contexte de crise actuel. En revanche, il est important de noter que Lee est impliqué dans plusieurs affaires de corruption, ce qui pourrait entraver sa volonté de revanche politique.
Du côté du parti conservateur, plusieurs candidats sont pressentis, comme le ministre du Travail Kim Moon Soo, qui arrive pour le moment deuxième avec 9% d’intentions de vote selon Gallup, ou encore Han Dong Hoon, ancien dirigeant du parti conservateur et chef de faction anti-Yoon qui dit vouloir empêcher un « gouvernement de monstres » dirigé par Lee.
Cette élection interviendra non seulement dans une crise politique et économique intérieure, mais également dans un contexte international tendu : pour cause, l’administration de Donald Trump a imposé à la Corée du Sud des droits de douane de 26 % sur ses exportations vers les États-Unis, pourtant pays allié de longue date.
Sources : France 24 | RFI (1) (2) | Yonhap (1) (2)
Source image : Japan Times
Article rédigé par Romane TOMIO.

