Avec ses journées grises et ses averses qui rythment le temps, le mois de novembre se termine doucement, accompagné de cette envie irrésistible de se blottir sous un plaid, une tasse de thé fumant et un livre entre les mains.
Bien que la littérature japonaise occupe souvent le devant de la scène lorsqu’il s’agit d’évoquer douceur, introspection et sensibilité, la littérature coréenne mérite elle aussi une place dans nos bibliothèques d’automne. Apaisante et profondément humaine, elle explore avec finesse les thématiques des nouveaux départs, de la résilience et du soin de soi : une invitation à se recentrer, à se réinventer.
Voici donc cinq romans coréens dans lesquels se plonger pour se préparer à affronter le froid de l’hiver.
Sommaire
- « L’Odeur des clémentines grillées » de Lee Do Woo, Decrescenzo éditions
- « Le Magasin de lettres de Séoul » de Baek Seung Yeon, Éditions Nami
- « La Fabuleuse laverie de Marigold » de Yun Jung Eun, Éditions Nami
- « Une saison à l’atelier de poterie » de Yeon So Mi, , Éditions Nami
- « Bienvenue à la librairie Hyunam » de Hwang Bo Reum, Éditions Picquier
L’Odeur des clémentines grillées, Lee Do Woo
« Tous ceux qui souffrent ne renoncent pas au monde, et tous ceux qui sont encore là ne restent pas parce qu’ils ont moins souffert, mais parce qu’ils ont tenté de vivre malgré tout. »
Après un burn-out, Haewon, professeure de dessin, retourne à Bookhyun, son village natal au cœur des montagnes. Alors qu’elle se réfugie dans l’ancienne demeure familiale, Haewon découvre la librairie Goodnight, installée depuis peu à l’entrée du village. Malgré la neige et la glace, dans cette librairie à l’atmosphère rassurante et accueillante, les coeurs se réchauffent. Rythmés par le journal intime du libraire, peu à peu, sentiments et secrets se révèlent les uns après les autres.
Sous la neige et les silences de l’hiver, ce roman empreint d’une douce mélancolie nous enveloppe d’une tendresse rare, bercés par la poésie de son autrice. Entre blessures d’enfance, secrets tus et désir de pardon, l’histoire avance à pas feutrés, comme pour nous réapprendre la douceur.
Le Magasin de lettres de Séoul, Baek Seung Yeon
« Au bout du compte, peut-être qu’il ne peut pas y avoir de lettres sans un minimum de distance dans l’espace et dans le temps. »
Dans son enfance, Hyoyeong adorait écrire des lettres, mais aujourd’hui, elle ne parvient plus à poser le moindre mot sur une feuille blanche. Sa sœur s’est enfuie du jour au lendemain et les nombreuses missives qu’elle lui a adressées restent définitivement fermées, Hyoyeong refusant de les ouvrir. Lorsqu’elle commence à travailler dans un magasin de lettres avec un service de correspondance anonyme, Hyoyeong redécouvre l’importance des mots et accepte qu’il est temps pour elle, comme pour ses clients, de se confronter à ses peurs par l’écriture.
Un roman introspectif qui invite à se réconcilier avec soi-même tout en mettant en lumière des destins simples mais profondément humains. L’art épistolaire est au cœur de chacun des chapitres, laissant le lecteur découvrir les personnages et leurs émotions grâce à une écriture délicate qui invite à ralentir, à prendre le temps de vivre. .
La Fabuleuse laverie de Marigold, Yun Jung Eun
« Il y a des souvenirs douloureux qu’on a besoin d’effacer pour survivre mais il y en a aussi qu’il faut garder : c’est la force qu’on gagne en les surmontant qui nous permet de vivre. Parfois, c’est la tristesse qui nous donne la force de continuer. »
La Fabuleuse laverie de Marigold est l’un des plus gros succès de cette littérature coréenne en France. Toutes les taches et déchirures de l’âme sont le combat de cette laverie. Les clients entrent dans ce lieu mystérieux à la recherche d’eux-mêmes, invitant également le lecteur à s’interroger sur le véritable sens du bonheur et de l’authenticité.
Plus qu’un roman, cette lecture s’affirme comme une importante leçon de pardon et d’acceptation de soi. À travers des personnages touchants, la bienveillance et la solidarité sincère mise en avant par les mots permettent aux lecteurs de s’interroger sur le véritable sens du bonheur et de l’authenticité. Sous une plume poétique, Yun Jung Eun nous invite dans un monde énigmatique qui nous pousse à nous questionner sur nos propres parcours et hésitations.
Une saison à l’atelier de poterie, Yeon So Mi
« À vous qui allez façonner votre vie comme l’argile cuit au four, lentement, mais avec ardeur. »
Ce livre reprend des problématiques récurrentes que beaucoup rencontrent au cours de leur carrière professionnelle : l’épuisement et l’isolement. Précipitamment, Jeongmin quitte son travail et se coupe du monde extérieur, jusqu’à découvrir, par un heureux hasard d’été, un atelier de poterie. Elle découvre alors les techniques ancestrales de la poterie coréenne, mais aussi ses bienfaits.
Hommage à l’art-thérapie et à l’expression des sentiments à travers l’art, ce roman insiste sur l’apaisement et le courage de prendre des décisions pour soi. Chacune des pages portent en elle l’importance de prendre soin de soi et d’accepter d’avoir besoin de se reconstruire, lentement mais sûrement : la résilience.
Bienvenue à la librairie Hyunam, Hwang Bo Reum
« Comme la jeunesse, le crépuscule s’évanouit vite, mais il ne génère pas de tristesse, car il reviendra le lendemain. »
Toute sa vie, Yeong Ju s’est pliée aux attentes des uns et des autres. Après un burn-out et un divorce, elle ouvre une librairie dans un quartier reculé de Séoul. Progressivement, Yeong Ju instaure une véritable âme à sa librairie, incitant les visiteurs occasionnels à devenir de fidèles clients, bercés par la bienveillance du lieu.
Rythmé par des chapitres courts et vivants, le lecteur est emporté dans les questionnements des clients de la librairie : qu’est-ce que signifie réellement réussir sa vie ? Comme la librairie pour chacun de ses clients, ce roman est une parenthèse qui nous incite à vivre à son rythme et être soi-même. Pour plus de détails sur ce livre, rendez-vous sur cette review K.OWLS.
Des romans coréens qui font du bien
Ces romans coréens nous rappellent que le temps présent est un refuge précieux, un lieu où se mêlent regrets et espoirs, chagrins et renaissances. À travers des récits empreints de pudeur et d’humanité, ils explorent nos blessures intimes autant que notre capacité à aimer encore, à douter, puis à se relever. Une lecture qui, doucement, nous réapprend à vivre, ici et maintenant.
Sources images : Decrescenzo Éditeurs l Éditions Leduc (1) (2) (3) l Éditions Picquier






