Près de vingt-cinq ans de carrière et un panel de rôles variés dans trois industries artistiques en Corée : portrait de Yeom Hye Ran, plus qu’un simple visage familier de vos dramas préférés.
Lorsque l’on commence son parcours de dramavore, arrive le moment où, petit à petit, par coïncidence ou bien parce qu’ils sont prolifiques, vous retrouvez les mêmes acteurs dans des seconds rôles, d’une série à l’autre. Le fameux moment où vous allez vous exclamer, pointant votre télé du doigt, que vous avez vu cet acteur ou cette actrice dans X ou Y drama coréen (quitte à éplucher leur filmographie pendant de longues minutes sur les sites spécialisés). Souvent appréciés par les fans, ces acteurs sont parfois confinés aux seconds rôles malgré un talent indéniable. Récemment récompensée par un Baeksang Awards, j’aimerais mettre en lumière l’actrice Yeom Hye Ran, que vous avez sans doute vue dans plusieurs dramas ces dernières années et dont la carrière s’étend depuis l’an 2000.
Yeom Hye Ran, sa vie, sa carrière
Des bancs de l’école aux planches de la scène
Yeom Hye Ran naît le 30 octobre 1976 à Yeosu, ville portuaire dans la province du Jeolla du Sud (tout au sud du pays), dans une famille d’agriculteurs (sa grand-mère travaillait aux champs et sa mère vendait des gâteaux de riz au marché). En grandissant, elle souhaite devenir professeure de coréen et se tourne donc vers des études littéraires à l’université. C’est à cette époque, en 1999, alors qu’elle étudie à l’Université pour femmes de Séoul, qu’elle rejoint une compagnie de théâtre un peu par hasard. Si ses parents ne sont pas forcément ravis de prime abord, Yeom Hye Ran, elle, découvre un tout nouvel univers qui la fait rêver. Elle poursuit ses études littéraires et travaille même dans une maison d’édition quelques temps, mais continue de jouer au théâtre avant de s’y consacrer complètement.
Elle joue dans plusieurs pièces et, en 2003, obtient une première récompense pour son rôle de Sunny dans la pièce Le Charyoksa et l’Accordéon. En 2004, elle et d’autres de ses amis fondent une compagnie de théâtre nommée Compagnie Théâtrale Iru. Là encore, ses prestations dans les créations de la compagnie seront saluées aussi bien par ses pairs (son partenaire sur scène, Kim Hak Sun, la compare à Hwang Jung Min), que par la critique et le public, remportant notamment une récompense de meilleure performance dans une pièce de théâtre en 2010 lors du festival de théâtre de Séoul.


Ouverture sur le cinéma
Si Yeom Hye Ran n’abandonne pas le théâtre et se produit régulièrement sur scène jusqu’en 2017, elle se fait repérer dès 2003 par Bong Joon Ho, qui l’invite à passer les auditions pour son prochain long-métrage : Memories of Murder. Elle convainc le réalisateur et incarne la mère de So Hyun, une des victimes du meurtrier. Ce premier rôle sur grand écran lui ouvre les portes du cinéma où elle apparaît ensuite régulièrement dans des apparitions ou des seconds rôles, en parallèle de sa carrière sur les planches.
Ses premiers rôles principaux arrivent en 2021 avec les films I et Black Light où elle incarne, dans l’un, la gérante d’un club aux activités illégales et, dans l’autre, une femme qui forme une amitié inattendue avec la femme de celui qui a mis son mari dans le coma.
Elle joue aussi bien dans des films indépendants tels que Way Back Home (2019) que dans des productions de plus grandes envergures comme The Boys (2022) ou encore Life is Beautiful (2022).


Arrivée sur le petit écran : Yeom Hye Ran, la « grande sœur nationale » est née
Comme il peut être souvent le cas avec les acteurs et actrices de théâtre, les dramas ne sont pas toujours une évidence ou arrivent tard dans leur carrière. Pour beaucoup, l’ancien format de production (scénarios écrits au fur et à mesure de la diffusion en prenant en compte la réaction du public) rendait l’exercice chronophage et trop contraignant avec leur emploi du temps sur scène. Mais avec l’arrivée des chaînes câblées et des services de vidéos à la demande, les méthodes de productions évoluent : de nos jours, la plupart de vos séries coréennes préférées sont pré-produites (i.e tout est écrit et filmé en amont de la diffusion). De cette manière, les emplois du temps de tournage peuvent s’adapter et de nombreux acteurs issus de la scène ont commencé à faire leur apparition sur le petit écran.
Là encore, c’est par ses performances sur les planches que Yeom Hye Ran est repérée par la scénariste Noh Hee Kyung (Our Blues) qui lui propose un second rôle dans sa nouvelle série, Dear My Friends (2016). Son personnage est particulièrement apprécié pour son lien avec sa mère (adoptive) à l’écran, Na Moon Hee. Elle enchaîne plusieurs projets dont un rôle d’antagoniste dans la série Goblin (2016), une nourrice dans Queen for Seven Days (2017) ou encore une assistante administrative empathique et dévouée dans Life (2018).
C’est en 2019, et le drama When the Camelia Blooms, qu’elle attire à nouveau les compliments et les faveurs des téléspectateurs pour son personnage, une avocate pleine de confiance dans son travail mais parfois incertaine dans sa vie personnelle. Le public se retrouve en elle et la surnomme alors « grande sœur nationale ».
Depuis, elle tourne beaucoup pour la télévision dans des rôles de plus en plus importants, en témoignent ses rôles principaux dans des productions à grande échelle comme The Uncanny Counter (2020 & 2023), The Glory (2023) ou encore Mask Girl (2023).



Filmographie partielle
Dramas
- Dear My Friends (2016)
- Goblin (2016)
- Queen For Seven Days (2017)
- Life (2018)
- When the Camelia Blooms (2019)
- Mystic Pop-Up Bar (2020)
- The Uncanny Counter (2022 – 2024)
Films
- Memories of Murder (2003)
- Les Formidables (2006)
- I Can Speak (2017)
- Innocent Witness (2019)
- Black Light (2021)
- The Boys (2022)
- Citizen of a Kind (2024)


Sa capacité à pouvoir jouer dans de nombreux genres, qu’il s’agisse de la comédie, du thriller, du drame, du fantastique ou encore de l’action fait de Yeom Hye Ran une actrice très appréciée et reconnue (enfin) à sa juste valeur. Et avec une filmographie si fournie, il y en aura pour tous les goûts.
Sources : Han Cinema | MBN | Korea JoongAng Daily | Cine21 | Elle Korea | Munhwa Ilbo | Yonhap News | Naver News

