Mr. Plankton est l’un des dramas les plus teasés depuis le début de l’année. Vous pouviez déjà le mettre en alerte sur Netflix dès janvier. C’est pourquoi, avec toute cette attente, je n’avais pas envie de le regarder, mais…
Si vous voulez en savoir plus quant aux raisons qui m’ont poussé à découvrir ce drama, mais surtout, ce que j’en ai pensé (même si la rubrique vous oriente quelque peu), je vous invite à lire la suite de l’article.
Présentation du drama Mr. Plankton
Le drama Mr. Plankton est sorti sur le site de streaming Netflix le 8 novembre dernier. Il est composé de 10 épisodes de 60 minutes chacun.
Il s’agit d’une comédie dramatique qui met en scène Woo Doo Hwan (Tempted, Bloodhounds, Mad Dog), Lee You Mi (Strong Girl Namsoon, Mental Coach Jegal, Squid Game), Oh Jung Se (It’s Okay Not To Be Okay, Revenant, Uncle), Lee El (Battle Of Happiness, When The Devil Calls Your Name, My Liberation Notes), Kim Min Seok (Descendants Of The Sun, Shark, Age Of Youth) et Kim Hae Sook (My Demon, Under The Queens Umbrella, Inspector Koo).
Si vous souhaitez en savoir plus, je vous conseille d’aller lire l’article qui lui est dédié sur K.OWLS, par notre Owler Valloux.


Mr. Plankton : une comédie dramatique basique
Reprise des codes du genre
Avant toute chose, je tiens à vous dire que Mr. Plankton ne révolutionne pas le genre. Il reprend évidemment beaucoup des codes qu’implique la comédie dramatique : les destins tragiques, les malheurs qui impactent les différents personnages, la romance et l’humour, ainsi que beaucoup de scènes d’émotion.
Comme le dit le personnage de l’actrice Lee Da Hee au tout début de la série : « Les clichés fonctionnent parfois. Ça ne se démode pas. ».
Malgré tout, Mr. Plankton amène un vent de fraîcheur à ce style de drama. Bien sûr qu’il intègre les codes prédéfinis, mais ceux-ci n’arrivent pas forcément là où on les attend ou dans l’ordre habituel.
Sur l’affiche coréenne on pouvait lire « Pourquoi la vie est si amusante et chaotique en même temps ? Ça donne envie de s’accrocher » et je trouve qu’elle définit parfaitement le drama.



Des choix scénaristiques innovants : notre voie est-elle déjà tracée ?
Toujours en ce qui concerne le scénario, j’ai beaucoup apprécié la méthode du flashback qui a été utilisée pour nous dévoiler, petit à petit, des éléments sur les personnages. Cela permet de nous plonger à chaque épisode encore plus dans l’histoire, mais aussi de créer un lien de sympathie avec les héros. Plus le drama avance, plus on s’attache à ses personnages.
Cette méthode est utilisée dans beaucoup de dramas, je pense notamment à Be Melodramatic, Castaway Diva, Delightfully Deceitful. Mais encore une fois, un des « clichés » du genre est utilisé de manière nouvelle. Pour ceux qui ont vu le film de Christopher Nolan, Memento, je trouve que Mr. Plankton utilise le même procédé.
Dans Memento, le héros n’a plus de mémoire à long terme ce qui fait que toutes les 10 minutes environ, sa mémoire s’arrête et repart à zéro. Le film suit cette même logique en nous distribuant des scènes au hasard et sans aucune indication chronologique. Plus le film avance, et plus nous avons accès à la scène d’avant ou d’après, ce qui nous permet de mieux comprendre les enjeux et d’avoir un point de vue global de l’histoire. Bien sûr, le film est plutôt dans le style d’un thriller et d’une enquête.
Tandis que dans Mr. Plankton, nous avons l’impression de connaître tous les tenants et aboutissants dès le début de l’histoire, mais plus le scénario avance, plus les flashbacks prennent de l’importance. Ils nous donnent parfois accès à des éléments de la vie de nos héros qui datent de plusieurs années, ce qui nous permet de mieux comprendre leur personnalité et la manière dont ils se sont construits. Mais parfois, les flashbacks reviennent sur des moments que nous avons pu apercevoir quelques épisodes avant pour renforcer une idée, ou sur une scène qui ne nous a pas été montrée en entier qui révèle des intentions ou des émotions cachées…
Enfin, j’ai aimé le choix scénaristique de commencer et de finir sur la même scène. Dès le début de Mr. Plankton, le spectateur sait dans quelle direction le drama va aller, sans pour autant avoir tous les éléments lui permettant de décrypter complètement cette scène. Il est embarqué dans un chemin dont il n’a aucune coordonnée, carte ni GPS, juste un point de départ et d’arrivée mais entre, tout peut se produire.
Sur la deuxième affiche coréenne, on pouvait lire « Une comédie romantique sur la fin d’une vie errante » et c’est exactement ce que nous allons pouvoir observer au travers de ces 10 épisodes.
Mais une question me reste : la fin errante de qui ?



Des personnages profonds : et si, finalement, ils étaient tous perdus
En ce qui concerne les personnages, je les ai trouvés travaillés et emplis de profondeur. Quand le drama démarre, encore une fois des clichés apparaissent : la fille abandonnée en quête d’amour, le fils à sa maman, un égocentrique qui ne vit qu’au travers de ses envies, un malfrat qui n’hésite pas à tromper son entourage pour survivre…
Mais ce postulat de base n’est simplement qu’un tremplin pour aller traiter de sujets beaucoup plus profonds. Tels que la ménopause et la recherche d’identité, le fait de vivre au travers des espoirs de quelqu’un plutôt que de s’émanciper, la recherche de ses origines, les dynamiques familiales perturbées (quand son enfant n’est pas le sien) et l’insémination artificielle.
Chaque personnage aura droit à son rebondissement et à une quête de soi-même car finalement, ils se retrouvent tous dans la même situation au début de Mr. Plankton : ils sont tous perdus.
J’ai aimé que les scénaristes offrent la possibilité à chaque personnage d’évoluer et ce même en ce qui concerne certains rôles secondaires qui peuvent sembler insignifiants de premier abord. Pour ceux qui auraient vu le film A Werewolf Boy, j’ai trouvé une similitude entre les personnages de Cheol Su (Song Jong Ki) et celui de John. Tous les deux ne prononcent qu’une réplique, mais celle-ci a un impact énorme sur les sentiments qu’ils éprouvent. Le « Yes ! D’accord, j’accepte… » est libérateur et nous montre la solitude et le rôle dans lequel ils s’étaient restreints.
Pour ma part, j’ai eu un coup de cœur pour le personnage de Bong Suk que je trouve particulièrement intéressant. Au début du drama, Hae Jo la présente comme ceci : « C’est ma mère, ou ma sœur. Une amie, une maîtresse, ma financière, ma proprio. » Une fois cette phrase prononcée, nous, spectateurs, nous réagissons de la même manière que le personnage de Larbin (Yoo Gi Ho), exaspéré par cette réplique qui nous semble dénuée de profondeur et de vérité. Mais finalement, il s’agit de la meilleure explication concernant Bong Suk car elle est tout à la fois.
C’est une femme qui semble forte et froide mais qui est sensible et remplie d’empathie. Elle permet à Hae Jo de grandir et d’évoluer sans pour autant l’obliger. Elle paraît parfois autoritaire et omniprésente, mais reste en retrait lorsque cela est nécessaire. Elle est l’exact milieu entre ce que représente le père de Hae Jo (l’absence et l’ignorance) et celui de Beom Ho Ja (l’omniprésence et le contrôle).
La quintessence de son personnage est révélée lorsqu’elle prononce cette phrase « C’est vrai. J’ignore peut-être ce qu’il désire. Mais je sais quand je dois être avec lui. »






Une errance cinématographique soulignée par la musique
Les dramas coréens sont connus pour leur bande sonore omniprésente et complètement indissociable de l’oeuvre. Si je vous passe certaines bandes originales, vous reconnaîtrez directement le drama dont je veux vous parler et inversement. Si je vous présentais certaines scènes de drama sans son, vous pourriez quand même chanter la musique correspondante. Pour ceux qui voudraient en savoir plus, un article dédié aux OST est disponible sur K.OWLS.
Pour illustrer mon propos, je vous présente quelques OST (bande sonore) indissociables des dramas :
- Mr. Sunshine : Sad March – Elaine
- Descendants Of The Sun : You Are My Everything – Gummy
- Goblin : Stay With Me – Chanyeol & Punch
- Itaewon Class : Start Over – Gaho
- My Mister : Grown Ups – Sondia
- Sky Castle : We All Lie – Hajin
En ce qui concerne Mr. Plankton, deux musiques resteront de mon visionnage et pour deux raisons différentes.
La première est la chanson The Town de Junha Park. Je trouve qu’elle vient renforcer parfaitement la cinématographie du drama mais surtout, elle nous plonge dans une émotion de mélancolie et de nostalgie qui transperce l’écran.
De plus, je trouve que plusieurs paroles correspondent parfaitement à l’histoire qui se déroule sous nos yeux, comme lorsqu’il chante « So we meet again in sunlight, when we’re covered in rain ». Cette image me fait penser à la première rencontre entre Ho Jae et son père suite à l’accident de moto, mais aussi lorsqu’il revoit Jae Min pour la première fois, à l’hôpital.

Enfin, la chanson California Dreamin’ du groupe The Mamas & The Papas est utilisée pour le générique. Originellement, il s’agit d’une chanson sur un homme qui retourne dans sa ville natale pour un enterrement et découvre qu’il est père. Il devient tiraillé entre rester libre à Los Angeles et poursuivre sa vie, ou prendre ses responsabilités. Il décide donc de partir faire « une balade » pour digérer la nouvelle et se retrouve à errer, physiquement et émotionnellement.
Pour ma part, je trouve qu’elle correspond parfaitement à l’identité du drama d’autant plus que l’on se rend compte, plus le drama avance, que Ho Jae n’est finalement peut-être pas le seul être à chercher sa voie…
Générique de fin d’épisode : l’errance se terminera-t-elle ?
Du premier au neuvième épisode, Mr. Plankton nous offre un générique de fin empli de nostalgie et d’errance. Filmé comme à travers un vieux caméscope, on peut voir des images saccadées de routes en tout genre s’enchaîner sans but ni explication. Le sentiment principal qu’il m’évoque est la sensation d’être perdu, de ne pas savoir où aller, et d’errer sans but, comme si mon corps avançait seul. Je trouve qu’il s’agit d’une belle métaphore en images qui représente le parcours de l’ensemble des personnages. Quand on démarre Mr. Plankton, seule Hae Jo semble chercher son chemin et sa vocation, mais plus celui-ci avance, plus on se rend compte que chacun des personnages cherche désespérément son but. Il est parfaitement illustré à travers le personnage de Hong qui finit par tenir une chaîne YouTube sur sa vie de vagabond.
Conclusion
Je dois vous admettre que je n’avais absolument pas prévu de regarder Mr. Plankton. La plupart des membres du casting m’intriguaient, mais je n’étais ni emballé par l’histoire, ni par les visuels, ni par l’attente que celui-ci pouvait produire chez les dramavores. Et je ne saurais trop vous expliquer pourquoi, mais j’ai fini par lancer le premier épisode, juste comme ça… et parfois, certaines choses n’ont pas besoin de raison pour être sur notre route.
Je n’aurais juste qu’une chose à vous dire, il rentre dans mon top 5 des coups de cœur de l’année !
Je n’ai pas vraiment l’habitude de pleurer devant des dramas ou des films, mais je n’ai pu m’empêcher de verser mon lot de larmes ainsi que beaucoup de rires. Je n’ai pas pu vous présenter l’ensemble des raisons qui m’ont fait aimer Mr. Plankton car sinon mon article aurait été interminable, mais j’ai apprécié l’accent qui a été mis sur l’émancipation, les problèmes de dynamiques familiales, d’abandon et surtout, sur la procréation assistée.
Enfin, si je devais ne retenir qu’une seule réplique qui m’a touché, et qui je trouve, résume bien l’ambiance de Mr. Plankton, ce serait celle de Hae Jo : « Ne te fixe aucune destination. Ne te dis pas que tu dois faire quelque chose. Laisse ton instinct te guider. Ainsi, tu ne te perdras pas. Lance-toi dans l’inconnu. Tu ne seras pas à la dérive. Tu seras un vagabond. »
Sources et sources images : Mydramalist ı Hancinema ı Asianwiki

